-SUJETS-

Revue Rhizome 7 Habiter

L’homme habite, il prend place parmi les humains. Pour cela, il lui faut un lieu où inscrire son corps, sa subjectivité, son histoire, sa citoyenneté. S’il ne peut habiter, l’homme ne peut prendre place et cela s’appelle aujourd’hui l’exclusion. L’aider à habiter, cela s’appelle lutter contre l’exclusion.

Habiter suppose des modalités d’investissement psychiques qu’il faut comprendre : ce que cela signifie pour un enfant de construire ou de dessiner une cabane, qu’est-ce qu’habiter pour une personne schizophrène, pour une personne S.D.F. 
La dimension clinique s’impose ici pour contribuer au sens et à l’action. Elle s’inscrit d’autant plus dans l’intersubjectivité langagière que « l’homme habite le langage, c’est là son monde… ».

Une dernière question : comment ne pas être « plombé », immobilisé devant et dans des situations sociales « désespérées ». Ainsi Jean Maisondieu, dans un texte qui laisse pantelant, évoque t-il le trottoir comme un lieu de « simple abattoir » pour les S.D.F.

Faut-il abandonner définitivement sa part à la pulsion de mort ? Ne peut–on affirmer haut et fort que ce qui anime nombre de cliniciens, d’intervenants sociaux, et bien d’autres, c’est la conviction qu’en tout homme il y a un sujet, et que pour tout sujet il y a un lieu à habiter ?

Revue Rhizome n° 7 habiter

Les enfants et leurs cabanes (de Eric Lemonnier - Pédopsychiatre à Brest )

Si l’on observe la construction d’une cabane, c’est bien souvent le toit qui prend le plus d’importance. Il faut qu’il protège de la pluie, certains peuvent y voir l’instance protectrice, sorte de surmoi. Bien sûr, la cabane doit également isoler du monde adulte. Cependant, l’essentiel de la cabane se joue à l’intérieur.

La cabane participe ainsi à la prise d’autonomie des enfants. Ils y érigent des règles, des relations sociales qui sont largement inspirées de celles des adultes, mais dans un « comme si » qui n’est pas un « tout comme ». Si nous les observons attentivement, il apparaît que bien souvent ces règles sociales sont plus âpres que celles édictées par le monde adulte, c’est que la trahison est inacceptable, dès lors point n’est besoin qu’une règle soit trop souple.

Un autre aspect de la cabane, c’est la temporalité. Une cabane bâtie sur le lieu des vacances se retrouve année après année, elle accompagne la maturation et offre une perspective temporelle longue. Parce qu’elle appartient à l’enfant, elle lui permet d’intégrer le long temps.

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